Réduire les ondes électromagnétiques

 

Champs extrêmement basse fréquence et cancers

      Les CEM extrêmement basse fréquence (induits par les lignes électriques de transports, transformateurs électriques, voies ferrées, lampes, appareils ménagers, ordinateurs, etc.) ont été classés cancérogènes possibles pour l’homme par le CIRC (groupe 2B).
 

      Les études montrent un lien statistiquement significatif entre les leucémies infantiles et une exposition résidentielle à des champs magnétiques supérieurs à 0,2 à 0,4 µT. Aucun effet biologique ne permet cependant à ce jour d’expliquer ce lien.


          En 2002, le CIRC a classé les champs extrêmement basse fréquence, les CEM-EBF (50-60 Hz), cancérogènes possibles (groupe 2B), en raison d’observations épidémiologiques concordantes identifiant clairement l’association d’un plus grand nombre de cas de leucémies infantiles avec ces champs magnétiques dans l’environnement des enfants. Les mécanismes d’action biologiques et les liens de causalité n’ont cependant pas pu être mis en évidence jusqu’à maintenant.

          Dans son rapport de mars 2010, l’Afsset (aujourd’hui Anses) fait un bilan des connaissances des expositions aux CEM-EBF et de leurs effets sanitaires. L’agence fait aussi le point sur l’exposition des populations, les valeurs limites, la réglementation et les préoccupations sociales suscitées par ces champs. La gamme de champs considérée va jusqu’à quelques milliers de hertz : on y trouve les champs magnétiques relatifs au transport et à la distribution d’électricité (différentes lignes de haute tension, d’évacuation de barrage hydraulique, d’alimentation de ville, réseaux de transport…), aux appareils électroménagers (autour de 50 Hz) et nombres de sources d’énergie électromagnétique présentes notamment en milieu de travail (écrans d’ordinateur, équipement de soudage, transformateurs, fours…).

         L’Agence estime que si les sources d’exposition aux CEM-EBF sont connues, l’exposition qui en résulte est encore insuffisamment documentée, bien que des appareils permettent de quantifier l’exposition individuelle aux différentes sources dans les activités quotidiennes. Pour mesurer cette exposition, pour les fréquences inférieures à 100 kHz, on utilise l'induction de courant électrique (on mesure l'intensité du courant induit dans les tissus, en Ampères/m²). S’agissant des effets sanitaires, ceux à court terme sont connus et on sait s’en protéger en appliquant une valeur limite d’exposition (100µT pour 50Hz). Une réserve est cependant faite à propos de l’hypersensibilité pour laquelle les données actuelles ne permettent pas d’établir de relation de cause à effet

    Les connaissances épidémiologiques et biologiques des effets à long terme sont en revanche contrastées. Les études épidémiologiques font apparaître un lien entre les leucémies infantiles et les expositions à des CEM-EBF. L’association est « statistiquement significative pour une exposition résidentielle, moyennée sur 24 h, à des champs magnétiques dont les niveaux sont supérieurs à 0,2 ou à 0,4 µT, selon les études ». L’ignorance des mécanismes biologiques sous-tendant ce lien constitue « un défi à la compréhension des questions soulevées par les résultats des études épidémiologiques » (Afsset, 2010). Les cancers sont les seules pathologies pour lesquelles est établie une relation statistique avec ces CEM, hormis l’hypothèse, qu’on ne peut pas écarter, de leur implication dans les maladies d’Alzheimer et de sclérose latérale amyotrophique, rapportée dans une méta-analyse d’expositions professionnelles (Garcia, 2008).

       S’agissant des valeurs limites d’exposition, l’Anses partage les conclusions qui ont conduit l’ICNIRP à confirmer les valeurs en cours, basées sur une exposition aigüe (pas de relation claire entre augmentation du risque d’apparition d’un effet biologique et niveaux croissants d’exposition).