Bonjour à toutes et à tous, 

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Quelques impressions suite à ce qui s’est passé hier en sous-préfecture : (désolé de vous les livrer un peu tardivement, suis un peu débordé, comme nous tous)
- Comme on l’avait pressenti, il s’est agit d’un théâtre d’ombre soi-disant démocratique sans aucun équilibre des forces et des moyens : un rapport de trois contre un. Trois personnes du collectif face à trois officiers supérieurs d’Enedis + le chef de 5com + une représentante de l’ARS dont l’indépendante dans sa dépendance à l’Etat est de notoriété publique + le maire de Villeneuve devant obéissance à l’Etat + la sous-préfet qui a rappelé à plusieurs reprises sa « neutralité » de représentante de l’Etat, qui détient 85,6% d’EDF, elle-même étant propriétaire de 100% des actions d'Enedis … Allo ! Quoi !
- La réunion a été baptisée par cette sous-préfet de réunion de conciliation. C’est-à-dire, sans antiphrase, qu’elle était destinée à ce que l’opposition au Linky à Villeneuve cesse. Et c’est parce que les opposants, aussi bien ceux qui participent au Collectif que ceux qui découvrent maintenant l’existence de ce Linky, ont tous manifesté bruyamment et publiquement (voir parfois avec des excès) leur opposition que la sous-préfet a fait cette réunion. C’est parce que les opposants ont mis la pression, et pas du tout parce que d’un coup tous ces gens-là se seraient préoccupés, d’un coup, de la plèbe que nous sommes.
- Le terme conciliation n’est qu’un élément de langage. Dans les faits, Enedis, la sous-préfet, 5com avaient déjà parlé avant la réunion et étaient déjà d’accord sur l’essentiel : il faut mettre fin à cette opposition au Linky. C’était ça le but vis-à-vis des opposants. Et le véritable propos qui se cache derrière « conciliation » c’est :« vous du collectif, sachez qu’il s’agit là d’un avertissement pour que vous cessiez vos trucs, on est gentil on cause avec vous mais après ça va plus être pareil. On va passer à la répression pour faire des exemples. » Pour mémoire, la sous-préfet, représentante de l’Etat,est la supérieure locale des forces de police et de gendarmerie et travaille main dans la main avec le parquet. 
- Vis-à-vis de la mairie, c’était rappeler qui est le patron de qui. Ok !
- Sinon, Enedis a parlé plus de la moitié du temps. On a eu affaire à une présentation publicitaire du Linky, sous les hochements de têtes approbateurs des autorités. 
- Evidemment nos arguments ont été selon les moments : écartés, pas écoutés, démentis, raillés, moqués, méprisés, caricaturés. Ils ont mis du temps, il faut le dire, à sortir l’argument de la bougie, le fameux point Goldwin-Candel de l’intelligence critique qu’on leur enseigne et qu’ils répètent de temps en temps pour montrer qu’ils sont malins et bons élèves.  
- Nous avons quand même appris que les poseurs de 5com sont à la limite d’être sous antidépresseurs. On préférerait qu’ils fassent autre chose de leur vie. 
- Nous avons aussi appris de la bouche de la sous-préfet que la raison pour laquelle les gens qui refusent le Linky ne sont pas poursuivis pénalement, c’est « parce qu’on ne veut pas de révolution ! » Oh !
- Enedis a reconnu qu’il y avait quelque faute dans la communication. Ils se proposent d’envoyer 11 000 lettres aux Villeneuvois pour faire leur publicité. Nous avons parlé de rapport de forces totalement disproportionné et avons proposé que l’argent destiné à cette opération de communication d’Enedis nous soit remise, et que les gens d’Enedis distribuent des tracts dans les rues. Ils n’ont pas voulu…. ! Curieux !
- Enedis nous accuse de jouer sur la peur (les ondes terrifiantes, la surveillance à la maison, l’augmentation des dépenses). Nous informons avec nos moyens pendant qu’eux parlent du Linky comme étant la condition éviter des pénuries, des coupures, des hausses de tarifs, et en cas de refus, de menaces, d’amendes, de poursuites etc… Ceux qui inspirent l’effroi pour faire passer leur projet, ce n’est pas nous. Nous n’avons rien à vendre. 
- Enedis nous accuse, sans rire, de vouloir priver les Villeneuvois des bienfaits extraordinaires du Linky. Un peu comme priver d’OGM les amateurs de corn-flakes. Ou encore de priver un éventuel Dr Folamour de la politique de détourner à des fins policières les fichiers compilant l’ensemble de la population. Quels bandes de salauds !
- Evidemment aucune de nos « revendications » n’a été acceptée. 

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Je pense que nous n’avons pas à discuter, à démontrer, à argumenter avec tous ces gens. Nous perdons notre temps et notre énergie. Rien ne les fera changer d’avis, ou même ne serait-ce que s’interroger. Ils sont payés et acceptent de l'être. Leurs conceptions de la vie, du progrès, des rapports sociaux et humains, des questions aussi fondamentales que celle de la liberté, de l’autorité, du respect, nous sont absolument étrangères. On peut même être quasiment certains qu’ils ne voient même pas d’où l’on parle et de quoi l’on parle. Contrairement à nous qui savons quasiment instinctivement qui sont ces gens, quels sont leurs intérêts, comment ils ont les moyens de construire la société au mépris de la population, comment ils manquent de connaissances autres que celles qui auto-nourrissent leur petit milieu. La question du Linky est un détail, un énorme détail, mais un détail : la situation de conflit dans laquelle nous sommes est une question d’idée générale, de conception, de sensibilité, en rapport avec ce qu’on perçoit de nocivité majeure dans les activités malfaisantes de ceux qui détiennent pouvoir et argent.
Aujourd’hui, on va continuer à informer, à chercher à rassembler, à élargir nos moyens. 
Mais aussi pour l’heure, nous avons appris qu’Enedis a porté plainte contre un participant du Collectif StopLinky47. C’est une première en France. Il faut qu’impérativement nous le fassions savoir au niveau national. Que la défense et les soutiens se préparent. Nous ne savons pas encore quelles vont être les suites, mais nous pouvons facilement imaginer que cette personne est la première d’une liste qui risque de s’allonger dans ce moment où se développe de plus en plus l’opposition au Linky. 
Désolé pour la longueur ( malgré le ciel bleu)
Dans le cas où ce mail serait malencontreusement lu par des oreilles indiscrètes (ou l’inverse), je tiens à saluer les personnels qui se préoccupent de nos activités. Un salut aussi à leurs familles, naturellement.